II- La Douleur: Expérience subjective d'un désordre physique

 

LA DOULEUR:

 

Une expérience subjective d'un désordre physique.

 

 

par Martin Jolly .

 

 I -Définition de la douleur

II -La subjectivité de la douleur

III -Les mécanismes de la douleur

IV -La douleur aiguë et la douleur chronique

V -La douleur nociceptive

 


I -Définition de la douleur

 

     La douleur est un phénomène complexe qui pose un problème de définition. L'I.A.S.P ( International Association for Study of Pain (de la douleur )) propose de définir la douleur comme « Une expérience subjective sensorielle et émotionnelle désagréable associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel, ou décrite en terme d'un tel dommage ». Cette définition est également retenue par l'O.M.S (Organisation Mondiale de la Santé).

 


II -La subjectivité de la douleur

 

    Lorsqu'on provoque des stimuli douloureux de même intensité chez deux personnes, celles-ci peuvent réagir de manières très différentes. L'une peut avoir extrêmement mal, alors que l'autre ne peut ressentir qu'une légère douleur.

    En effet la perception de la douleur dépend de la personne en elle-même. Le ressenti de celle-ci peut être nuancé en fonction de son passé, de sa résistance  ou encore, en fonction de son caractère. La douleur est donc une expérience subjective, difficile à exprimer par le patient. L'intensité d'une douleur est alors délicate à évaluer correctement par le personnel soignant.

 

 


III -Les mécanismes de la douleur

 

     Il existe trois mécanismes de la douleur:

     Tout d'abord, il y a les douleurs psychogènes, qui sont toutes les situations douloureuses, ressenties et exprimées par les patients et qui ne peuvent pas être expliquées par une atteinte organique ( il n'y a aucune lésion ).

    Puis il y a les douleurs neuropathiques résultant d'un dysfonctionnement du système nerveux central ou périphérique. Et contrairement à ce qui a été dit, la morphine agit sur ce type de douleur. Mais dans ce cas, les doses de morphine sont souvent beaucoup plus importantes que celles classiquement utilisées pour les douleurs suivantes. On utilise plus généralement des anti-dépresseurs pour se soigner.

    Enfin, il y a les douleurs nociceptives. Celles-ci résultent d'une stimulation en périphérie de nocicepteurs, qui sont des récepteurs qui ne réagissent qu'aux stimuli nocifs à l'organisme, comme une brûlure ou en encore une piqure. Ils sont disséminés par millions dans tout le corps humain. Cette douleur disparaît avec des A.I.N.S ( Anti-inflammatoires non stéroïdiens ) , des morphiniques ou encore avec l'interruption de la transmission du message par des blocs nerveux .

 


IV -La douleur aiguë et la douleur chronique

 

    Outre ces différents mécanismes, la douleur peut aussi être classifiée en deux catégories: les douleurs aiguës ou les douleurs chroniques.

    La douleur aiguë relève toujours d'un dégât tissulaire. Elle a alors pour rôle de message d'alarme et symptôme d'une cause à identifier et dont la guérison s'accompagne de la disparition de la douleur.

    L'O.M.S a défini la douleur chronique comme: « une douleur, qui dure longtemps, qui est permanente ou récurrente (...) [la douleur] est appelée chronique quand elle dure plus de six mois. »

   De plus, cette dernière fait appel à une notion de douleur destructrice, inutile, ayant perdu son rôle de message d'alerte, avec des répercussions sur le vécu de l'individu.

 


V -La douleur nociceptive

 

     Nous allons alors étudier les douleurs nociceptives aiguës car c'est sur ce type de mécanisme que la morphine a le plus d'effet.

     Le cheminement de la douleur se fait en de nombreuses étapes, de la stimulation à la conception de la douleur.

     Tout d'abord, la première étape est l'excitation d'un nocicepteur par une agression de l'organisme. Cette stimulation provoque un message nerveux que l'on peut comparer à une sorte de courant électrique.

   Ce message parcourt la dendrite, partie antérieur du neurone sensitif, qui est aussi appelé neurone en T à cause de sa morphologie. Son corps cellulaire est logé dans le ganglion spinal, se situant dans la racine postérieure de la moelle épinière. La dendrite de ce neurone rentre donc dans la corne postérieur de la moelle épinière puis l'axone (la partie postérieur du neurone ) continue jusqu'à la substance grise de la moelle épinière.

   C'est à cet endroit que s'effectue le premier relai synaptique.

    Ici, se produit alors un mécanisme chimique. En effet une synapse est caractérisée par une fente de 20 à 50 nm qui sépare la cellule pré-synaptique de la cellule post-synaptique. Cependant le message nerveux ne peut pas franchir cet obstacle directement, son arrivée à l'extrémité de l'axone libère deux sortes de substance chimiques: Ces substances sont appelées des neurotransmetteurs. Dans ce type de relai synaptique, elles s'appellent « substance P » et « glutamate » et assurent la liaison synaptique. Plus la douleur sera forte, plus la quantité de neurotransmetteurs libérée sera importante. Une fois libérés, ceux-ci traversent la fente pour se fixer sur des récepteurs spécifiques, propres à un type de substance. Ils sont situés sur le corps cellulaire du neurone post-synaptique. Une fois fixés, le neurone post-synaptique fait renaitre un message nerveux sous forme de courant électrique.

 

Schéma d'un relai synaptique

    

C'est lors de ce relai que le corps réagit pour la première fois: il y a un mouvement réflexe .

     Le message nerveux continue alors son chemin jusqu'au centre du cerveau via l'axone de ce dernier neurone.

     Il y a encore un dernier relai synaptique au niveau du thalamus, qui se trouve au centre du cerveau. Ce dernier  s'effectue sur le même plan que celui de la moelle épinière. Enfin, après le mécanisme chimique et la renaissance du message nerveux dans le neurone post-synaptique, l'axone de ce dernier va jusque dans une zone en périphérie du cerveau qui se nomme le cortex cérébral.

    C'est ici que nait la perception de la douleur.

 

Schéma du cheminement du message nerveux nociceptif


1: Exitation d'un nocicepteur provoquant la naissance d'un message nerveux;

2: La dendrite du message nerveux rentre dans la racine postérieure de la moelle épinière;

3: L'axone du nerf sensitif rentre dans la corne de la substance grise de la moelle épinière, où se produit le premier relai synaptique;

4: L'axone du second nerf rentre dans l'encéphale jusqu'au thalamus, où se produit le second relai synaptique;

5: L'axone du troisième neurone va jusqu'au cortex cérébral, où nait la notion de douleur.

 

 

 

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